Ebizô : le cerveau discret de Sunagakure

Ebizô : le cerveau discret de Sunagakure

1917 mots | Temps de lecture : 9 minute(s)

PersonnageSunaAncienChiyo

Ebizô est le frère cadet de Chiyo et l'esprit le plus froid de Sunagakure. Retiré des affaires du village avec sa sœur, il reste le conseiller que l'on vient consulter quand tout vacille. L'enlèvement de Gaara le ramène au premier plan, et la mort de Chiyo fait de lui le dernier témoin d'une génération entière.


L'Honorable Fratrie

Ebizô n'a ni clan prestigieux ni technique signature à son nom. Sa place à Sunagakure tient à autre chose : la durée. Avec sa sœur aînée Chiyo, il forme le duo que le village désigne sous le nom d'Honorable Fratrie. Les habitants ne s'adressent à lui qu'en l'appelant « Honorable grand-père Ebizô », formule qui dit tout du rang qu'on lui reconnaît. Les données officielles de la série lui donnent soixante-douze ans dans la seconde partie du récit, soit un an de moins que Chiyo.

Sa silhouette est immédiatement reconnaissable. Des paupières si lourdes qu'elles semblent lui tenir lieu d'yeux, des sourcils démesurément longs qui encadrent son visage, un turban, et la tenue ample traditionnelle de Sunagakure surmontée d'un haut en forme de poncho. Le contraste avec sa sœur est le ressort du duo : là où elle s'emporte et agit d'instinct, lui demeure calme, réservé, presque indifférent.

La réputation de la fratrie dépasse largement les frontières du désert. Les deux anciens ont noué des liens dans de nombreux villages, y compris des villages avec lesquels Sunagakure n'a jamais conclu d'alliance. L'âge venu, ils se sont retirés du service actif et se sont coupés du monde extérieur. Chiyo emporte avec elle la maîtrise des marionnettes et des poisons ; Ebizô, lui, reste l'homme des plans.

Deux personnes très âgées côte à côte en intérieur : à gauche une femme aux cheveux mauves sous un bonnet à pompon, à droite un homme au turban beige dont de longues mèches blanches retombent sur ses yeux ; tous deux portent un large col en poncho
Chiyo et Ebizô, le duo que Sunagakure appelle l'Honorable Fratrie ; il est le cadet, d'un an.

Le cerveau du village

Les fiches officielles lui accolent un second titre, plus explicite que le premier : le cerveau du village. On ne sait presque rien de ses techniques de combat, et le récit ne lui en attribue aucune de marquante. Ce qui est établi tient en une ligne : son esprit d'analyse a servi Sunagakure lors des guerres shinobi précédentes, et continue de la servir malgré son grand âge.

Ce statut n'a rien d'honorifique. Ebizô est un conseiller que l'on vient consulter, et son matricule de ninja, 02-002, le place tout en haut des registres du village, juste derrière celui de sa sœur. Quand une crise éclate, c'est à la porte de la fratrie que Suna finit par frapper.

Sa doctrine rejoint celle de Chiyo : un village doit être assez solide pour se passer de la génération précédente comme de l'aide des autres villages. Voir Sunagakure incapable de sauver Kankurô du poison de Sasori lui arrache un constat sans détour sur l'affaiblissement des siens. Il n'en tire pourtant aucune aigreur. Ebizô est décrit comme optimiste, et lorsque les prédictions les plus noires de sa sœur sont démenties, il lui rappelle simplement que les temps ont changé depuis leur jeunesse.


L'enlèvement de Gaara

L'intervention de l'Akatsuki fait basculer Sunagakure. Deidara emporte Gaara, devenu Cinquième Kazekage, et Kankurô, lancé à sa poursuite, revient empoisonné. Baki vient trouver la fratrie pour obtenir de l'aide. Les deux anciens refusent d'abord : ils ne se considèrent plus comme faisant partie du monde extérieur.

Un nom fait tomber ce refus : Sasori. Le déserteur passé à l'Akatsuki est le petit-fils de Chiyo, donc le petit-neveu d'Ebizô. L'affaire cesse d'être extérieure. Chiyo se penche sur Kankurô, mais le poison dépasse ses compétences ; elle reconnaît que Tsunade serait la seule à pouvoir le neutraliser, sans consentir pour autant à la solliciter.

L'arrivée de l'équipe de Konoha donne à Ebizô sa scène la plus révélatrice. Chiyo se jette sur Kakashi Hatake en le prenant pour son père, le Croc Blanc de Konoha, qui avait tué les parents de Sasori. Naruto bloque l'attaque, et c'est Ebizô qui dissipe le malentendu, au grand soulagement de l'intéressé. Sa sœur maquille ensuite l'incident en accès de sénilité.

La suite lui donne raison sur le fond. Sakura neutralise le poison de Kankurô, ce que Chiyo jugeait impossible en dehors de Tsunade. Ebizô en tire la seule conclusion qui vaille : la relève existe, et le désert n'a plus besoin de deux vieillards pour tenir debout.

Un jeune homme torse nu, allongé et grimaçant, transpire pendant que plusieurs mains posées sur sa poitrine en extraient un filet de liquide violet sombre ; une mèche de cheveux roses apparaît en haut à gauche
L'extraction du poison de Sasori sur Kankurô, que Chiyo croyait hors de portée de quiconque sauf Tsunade : c'est de là qu'Ebizô tire son constat sur la relève.

La mémoire du village

Ebizô ne reste pas à l'abri des murs. Il rejoint une unité de soutien composée de Temari, Kankurô, Matsuri, Maki et d'autres ninjas de Suna, chargée d'appuyer l'équipe partie récupérer le Kazekage. Le doyen ne part pas pour combattre : il part pour tenir la troupe.

Lorsque le groupe s'épuise et que la panique gagne, il raconte la disparition du Troisième Kazekage. À l'époque, Sunagakure avait cherché son chef à l'aveugle, sombrant dans le désordre et s'exposant aux attaques. L'histoire est doublement cruelle : c'est Sasori qui avait enlevé le Troisième pour en faire une marionnette humaine, et le village, ignorant tout, avait dû se résoudre à nommer un Quatrième Kazekage en pleine guerre. Ebizô en tire une consigne simple : rester calme, prendre le temps, ne pas offrir au désastre une seconde occasion.

Gaara est ramené, mais au prix de la vie de Chiyo, qui transfère sa propre force vitale pour le ranimer. Devant le corps de sa sœur, Ebizô espère un instant qu'il s'agit d'une plaisanterie de plus. Puis il ne peut s'empêcher de sourire en la voyant si paisible. C'est l'une des rares fois où le vieil homme laisse voir quelque chose.

Il lui survit. On l'aperçoit plus tard parmi les villageois, devant Baki et Matsuri, saluant le départ de Gaara, Temari et Kankurô pour le sommet des Cinq Kage, avec une seule recommandation : veiller sur le Kazekage. Sa réplique la plus juste avait pourtant été prononcée bien avant, adressée à sa sœur, quand il constatait devant elle que le temps s'écoulait vraiment. Un détail conservé par les fiches officielles achève le portrait : son passe-temps était la pêche dans le bassin qu'il partageait avec Chiyo.

Dans une plaine herbeuse bordée de montagnes, un vieil homme en robe sombre, col clair et turban se tient debout à l'écart de six ninjas assis au sol en demi-cercle
La halte de l'unité de soutien partie appuyer la récupération du Kazekage : c'est là qu'Ebizô raconte la disparition du Troisième pour empêcher la panique de gagner.

Tableau récapitulatif

Aspect Détail
Identité Ebizô, ancien de Sunagakure retiré du service actif, 72 ans dans la seconde partie du récit
Surnoms « Honorable grand-père Ebizô » pour les villageois, « le cerveau du village » dans les fiches officielles
Famille Frère cadet de Chiyo, grand-oncle de Sasori
Capacité Stratégie et analyse, mises au service de Suna pendant les guerres shinobi précédentes ; aucune technique de combat marquante connue
Rôle marquant Calme l'unité de soutien lancée après l'enlèvement de Gaara en racontant la disparition du Troisième Kazekage
Évolution Survit à Chiyo et demeure au village ; on le revoit saluer le départ de Gaara pour le sommet des Cinq Kage

FAQ

  • Ebizô est-il l'aîné ou le cadet de Chiyo ?
    Il est le cadet. Les données officielles lui attribuent soixante-douze ans dans la seconde partie du récit, contre soixante-treize à sa sœur : un an d'écart seulement. Le village les désigne ensemble sous le nom d'Honorable Fratrie, Chiyo y tenant toujours la place de la sœur aînée.
  • Ebizô manie-t-il les marionnettes comme sa sœur ?
    Rien dans le récit ne le montre. La marionnette et les poisons sont le domaine de Chiyo ; Ebizô, lui, est présenté comme un stratège et un analyste. Ses techniques de combat restent presque entièrement inconnues, et sa contribution passe par le conseil plutôt que par l'affrontement.
  • Quel lien Ebizô a-t-il avec Sasori ?
    Sasori est le petit-fils de Chiyo, ce qui fait d'Ebizô son grand-oncle. Ce lien de sang explique le revirement de la fratrie : les deux anciens refusent d'abord d'intervenir après l'enlèvement de Gaara, puis acceptent en apprenant que Sasori appartient à l'Akatsuki.
  • Ebizô survit-il à Chiyo ?
    Oui. Chiyo meurt en transférant sa force vitale pour ranimer Gaara, et son frère lui survit. Devant son corps, il espère d'abord une dernière plaisanterie, puis sourit de la voir si paisible. On le revoit ensuite parmi les habitants de Suna, saluant le départ de Gaara pour le sommet des Cinq Kage.
  • Pourquoi appelle-t-on Ebizô et Chiyo l'Honorable Fratrie ?
    Parce que leur renommée dépasse Sunagakure. Le duo a noué des relations dans de nombreux villages, y compris des villages sans alliance avec Suna, et le titre consacre ce prestige commun. L'âge venu, les deux anciens s'étaient toutefois retirés du service actif et coupés du monde extérieur.

En résumé

En résumé, Ebizô occupe dans Naruto une place que peu de personnages secondaires atteignent : celle de la mémoire vivante d'un village. Frère cadet de Chiyo, membre de l'Honorable Fratrie, surnommé le cerveau de Sunagakure, il n'a ni technique spectaculaire ni combat notable à son actif. Sa contribution est ailleurs. Elle tient dans le sang-froid qu'il impose au moment de l'enlèvement de Gaara, dans le récit de la disparition du Troisième Kazekage qui évite à Suna de répéter ses erreurs, et dans le simple fait de rester debout après sa sœur. Sunagakure change de génération sous ses yeux, et il est le seul à pouvoir mesurer ce que ce passage a coûté.

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