Le Jûbi, le Dix-Queues : la bête originelle

The Ten-Tails: The Original Tailed Beast

2577 mots | Temps de lecture : 12 minute(s)

BijûJûbiÔtsutsuki

Avant les neuf bijû, il n'y en avait qu'un. Le Jûbi, source de tout le chakra, est la forme-bête de l'Arbre Divin : quand Kaguya mange le Fruit du chakra, l'entité fusionnée se mue en Dix-Queues. Le guide déroule la suite, avec Hagoromo en premier jinchûriki qui divise ce chakra en neuf démons à queues, puis le sort du Gedô Mazô, enveloppe vidée devenue le réceptacle convoité par l'Akatsuki, et la renaissance de la bête.

La source de tout le chakra et la bête dont descendent les neuf démons à queues : voici le Jûbi, le Dix-Queues. Portrait de la créature originelle de l'univers Naruto.


L'Arbre Divin et le Fruit du chakra

Le Jûbi est la forme-bête de l'Arbre Divin (Shinju), un arbre vénéré qui ne produit un Fruit du chakra qu'une fois tous les mille ans. C'est en mangeant ce fruit interdit que la princesse Kaguya Ôtsutsuki devint la première détentrice de chakra sur Terre. La nuance compte : elle n'est pas la première à posséder du chakra au sens absolu, puisqu'elle est elle-même une Ôtsutsuki venue d'ailleurs, envoyée sur cette planète avec Isshiki. Ses fils, des jumeaux, seront les premiers nés avec du chakra.

L'imagerie de l'arbre sacré puise dans un fonds ancien : Yggdrasil, le Jubokko qui se nourrit du sang des champs de bataille, le fruit défendu de la Genèse. C'est la première couche de lecture ; Boruto en ajoutera une seconde.

Fresque stylisée sur un mur de pierre : une femme en longue robe blanche, cheveux dénoués et coiffe pointue, tend la main vers un arbre au tronc massif et aux larges feuilles vertes, entouré de volutes bleues.
L'épisode de Kaguya et de l'arbre est conservé sous forme de fresque, comme un récit fondateur.

L'entité qui réclame son chakra

Ses deux fils, Hagoromo et Hamura, naquirent à leur tour dotés de chakra. Estimant que ce pouvoir lui revenait, l'entité — Kaguya fusionnée à l'Arbre Divin — se mua en Jûbi pour le reprendre. Le manga donne d'ailleurs deux lectures successives (l'Arbre Divin réclamant son bien, puis « Mère ») : la formulation prudente reste « Kaguya fusionnée à l'Arbre Divin ».

Mieux vaut, en revanche, se garder de prêter une volonté à la bête elle-même. Kurama est catégorique : le Jûbi n'a ni sentiments ni idéaux propres, et ni les capteurs classiques ni la détection d'émotions négatives ne le repèrent. Le quatrième databook ajoute qu'il dégage la même sensation que l'énergie naturelle circulant dans le monde, énergie qu'il sait manipuler. C'est l'anime, à l'épisode 462, qui lui prête un vouloir propre en le faisant combattre aux côtés de Kaguya.

Un monstre colossal au corps gris strié, doté d'un unique œil immense et d'une gueule béante hérissée de dents, domine deux minuscules silhouettes debout au sommet de reliefs verdoyants.
C'est sous cette forme que l'entité affronte les deux frères pour récupérer son chakra.

Les quatre noms d'un dieu

On ne l'appelle guère autrement que « Jûbi » ou « Dix-Queues », mais la bête porte d'autres noms. Au chapitre 594, Kurama en cite trois : Dieu à l'Œil Unique (Ame no Hitotsu no Kami) — une divinité borgne du shintô, non un cyclope grec —, Datara et Deidarabotchi. Le quatrième databook en ajoute un quatrième, page 309 : Dieu Bâtisseur de Nation. Kurama le décrit comme un dieu qui a créé les pays, capable d'avaler les océans et de porter les montagnes ; selon le Sage des Six Chemins, sa résurrection signifierait la fin du monde.

Sa fiche est à l'avenant : classé bijû, doté du Mokuton, de neuf natures de chakra et de la faculté d'absorber le chakra. Son œil unique est ce que le databook nomme le Rinne Sharingan, appellation que ni le manga ni l'anime ne prononcent jamais. Ses noms renvoient au Daidarabotchi, yôkai géant qui façonne le relief du Japon, et à l'Ippon-datara, forgeron borgne et unijambiste des monts de Kumano.

Créature colossale au corps blanchâtre surgissant d'un nuage de poussière, une seule pupille ovale au-dessus d'une gueule béante hérissée de dents en aiguilles.
Un œil unique, une gueule et des queues : de quoi nourrir les noms de divinité borgne que lui prête Kurama.

À l'origine des neuf démons

Hagoromo et Hamura vainquirent le Jûbi ; Hagoromo en scella le chakra dans son propre corps, devenant son tout premier jinchûriki. Avant de mourir, sachant que sa disparition libérerait la bête, il divisa ce chakra en neuf créatures — les bijû —, les nomma une à une et les dispersa. L'idée n'est pas de lui : c'est son fils cadet, Asura, qui la lui inspire. Le Sage leur annonce qu'un lien subsistera entre elles et leur prophétise qu'elles seront un jour réunies « mais pas telles qu'elles étaient ».

Deux précisions s'imposent. Le Jûbi n'est pas la somme des neuf bijû : c'est son chakra qui fut divisé, pas son corps. Et ce corps n'a pas disparu : les deux frères en firent le noyau de la Lune par le Rikudô Chibaku Tensei, Hamura allant ensuite y garder la dépouille. Le récit que Tobi sert au sommet des Kage, où Hagoromo affronte seul la bête en silhouette, est une version tronquée.

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Dans la pénombre, une silhouette aux yeux cerclés d'anneaux se détache entre deux formes de flammes vivantes, l'une bleue et l'autre rouge ; six virgules rouges s'alignent devant elle et un large œil est tracé au-dessus.
Hagoromo divise le chakra scellé en lui : chaque flamme prendra la forme d'un bijû.

Le Gedô Mazô, l'enveloppe vide

L'enveloppe corporelle vidée du Jûbi est le Gedô Mazô, la Statue Démoniaque — et donc, puisque le Jûbi est identifié à Kaguya, le corps scellé de cette dernière. Scellée dans la Lune, elle servira à l'Akatsuki de réceptacle pour le chakra des bijû capturés, dans un ordre imposé, Kurama en dernier sous peine d'effondrement ; l'un de ses neuf yeux gagne un iris bleu clair à chaque scellement.

Son invocation exige un Rinnegan authentique : celui, artificiel, que procure la réincarnation des âmes n'y suffit pas. Et elle ne draine la force vitale de son invocateur que lorsqu'aucun bijû ne l'alimente — Nagato y a survécu grâce à son ascendance Uzumaki, mais en est resté émacié à vie. Madara, lui, avait brisé le sceau lunaire, nommé la statue et s'en était servi de catalyseur pour cultiver les cellules d'Hashirama, avant de transplanter son Rinnegan à Nagato à son insu. Il croyait ses Zetsu Blancs poussés par les branches de son arbre : Zetsu Noir les tirait en secret de l'intérieur de la statue.

Une statue colossale d'aspect ligneux, aux bras multiples et aux yeux clos, assise jambes croisées au cœur d'une fleur de lotus violette, dans une salle éclairée par en bas.
Le Gedô Mazô, corps du Jûbi privé de son chakra, servira de réceptacle à l'Akatsuki.

La renaissance du Jûbi

Durant la Quatrième Grande Guerre, Obito ressuscite le Jûbi de façon incomplète, à partir de fragments seulement, et en devient jinchûriki. Avec Madara, il la pilote par des vrilles issues de sa tête et fixées à leur nuque ; tenir la deuxième forme leur impose de renforcer la connexion avec les cellules d'Hashirama, et Madara prévient que le contrôle deviendra impossible au-delà sans en devenir le jinchûriki.

Relié à elle, Obito canalise à travers son corps un Mokuton qui blesse mortellement Neji Hyûga. Une seule main de la bête dépasse en taille n'importe quel bijû ; elle renvoie d'une chiquenaude la Bijûdama que Gyûki lui tire dans l'œil et ressort largement indemne d'une détonation interne. Le Rasenshuriken lui tranche deux queues, mais c'est l'attaque suivante de l'Alliance, et non lui, qui décroche Madara et Obito de sa tête. Livrée à elle-même, elle déclenche le Tenpenchii : séismes, inondations, orages et tornades simultanés.

Sous un ciel nuageux dominé par une lune rouge, une créature pâle déploie une dizaine de longues queues effilées autour d'un corps trapu à œil unique et à gueule ouverte.
Le Jûbi reparaît pendant la Quatrième Guerre, avant les métamorphoses qui suivront.

Les trois jinchûriki du Dix-Queues

Le Jûbi ne compte que trois jinchûriki : Hagoromo, Obito, puis Madara. Kaguya n'en est pas : elle n'est pas la jinchûriki de la bête, elle est la bête. Le scellement passe par le Rikudô Jûbi Kyûin, réservé à un porteur de Rinnegan et exécuté au sceau du Bélier inversé ; il confère le Senjutsu des Six Voies et dix Sphères de Vérité. Le databook décrit l'opération comme faire de son corps un yorishiro, réceptacle destiné à héberger une divinité, et avertit qu'une volonté insuffisante mène à l'effondrement psychologique.

Obito, deuxième porteur, perd d'abord le contrôle de son corps et n'obtient que deux Sphères, les huit autres une fois maître de lui ; Madara, troisième, en obtient dix d'emblée. Encore ne lui « reprend »-il rien : la coalition extrait les neuf bijû du corps d'Obito, qui survit grâce à la force vitale de la statue restée en lui ; Madara les rescelle dans le Gedô Mazô, la bête renaît, il l'invoque et se la scelle.

Deux ninjas debout sur un sol aride, chacun relié au sol par une longue excroissance blanche partant de son bras ; à gauche un homme en tunique sombre, à droite un guerrier en armure portant une arme à long manche dans le dos.
Obito et Madara se relient au Jûbi par des excroissances issues des cellules de Hashirama — l'étape qui précède le scellement.

Le Tsukuyomi Infini et le scellement final

Obito avait tenté sa propre voie : expulser le Jûbi hors de lui tout en restant son jinchûriki, et le faire muer en arbre géant dont les racines drainaient le chakra de la coalition. Elle a échoué, l'éclosion du bourgeon ayant été interrompue à temps. C'est donc sur son propre front, ses deux Rinnegan récupérés, que Madara fait apparaître le Rinne Sharingan avant de le refléter sur la Lune pour lancer le Tsukuyomi Infini.

Le prix en est dit sans détour : enveloppées par l'écorce des racines, les victimes sont vidées au fil des années de leur énergie vitale et de leur personnalité jusqu'à devenir des Zetsu Blancs, pendant qu'un nouveau Fruit du chakra se forme. Zetsu Noir, volonté matérialisée de Kaguya, trahit alors Madara et s'en sert de médium pour ressusciter sa « mère » ; frappée par neuf Rasenshuriken, celle-ci se mue involontairement en un Jûbi lapin coiffé des têtes des neuf bijû, avant que le Rikudô Chibaku Tensei de Naruto et Sasuke ne la rescelle. Le statut canonique de la bête n'est pas « détruite » mais neutralisée : redevenue Gedô Mazô, elle forme le noyau d'une nouvelle lune, avec Zetsu Noir.

Gros plan sur un œil unique qui s'ouvre dans une peau pâle : iris pourpre parcouru de cercles concentriques et parsemé de neuf virgules noires.
Le Rinne Sharingan apparu sur le front de Madara, l'œil qu'il reflète ensuite sur la Lune pour lancer le Tsukuyomi Infini.

Ce que Boruto révèle sur le Jûbi

Boruto reconfigure l'ensemble : les « Jûbi » sont le stade graine d'un Arbre Divin, semés par les Ôtsutsuki sur les planètes qu'ils exploitent pour en récolter le chakra et les données génétiques. La graine dévore indistinctement tout le vivant jusqu'à consommer un Ôtsutsuki, ce qui la fait muer en arbre. Kaguya et Isshiki furent envoyés ensemble sur Terre et Kaguya, de rang inférieur, était le sacrifice prévu ; elle s'est retournée contre lui et l'a laissé pour mort.

Le Jûbi de Boruto est un autre spécimen : celui d'Isshiki, juvénile et immobilisé dans une dimension accessible au seul ninjutsu spatio-temporel, gardé par Code. De ses fragments, Code tire les Claw Grime, dont naîtra l'espèce consciente des Arbres Divins Humains, qui portent le visage et la mémoire de leur victime. Jura, leur chef, est l'incarnation directe de ce Jûbi-là — ni un bijû, ni le Jûbi originel — et il a désigné Naruto comme la proie qu'il veut dévorer.

Groupe de cinq silhouettes humanoïdes en capes noires doublées de couleurs vives, à la peau claire et aux membres striés comme du bois, serrées les unes contre les autres.
Les Arbres Divins Humains de Two Blue Vortex : Hidari, Jura, Matsuri, Mamushi et Ryû, nés des fragments du Jûbi d'Isshiki.

Tableau récapitulatif

Aspect Détail
Nature Bête progénitrice, source de tout le chakra ; forme-bête de l'Arbre Divin
Origine Kaguya mange le Fruit du chakra ; l'entité fusionnée se mue en Jûbi
Premier jinchûriki Hagoromo, qui divise ensuite son chakra en neuf bijû
Gedô Mazô Enveloppe vidée du Jûbi (et corps de Kaguya), réceptacle de l'Akatsuki
4e Guerre Ressuscité par Obito, puis repris par Madara (jinchûriki du Jûbi)

FAQ

  • Qu'est-ce que le Jûbi, le Dix-Queues ?
    La bête progénitrice de l'univers Naruto, considérée comme la source de tout le chakra. C'est la forme-bête de l'Arbre Divin, à l'origine des neuf bijû.
  • Le Jûbi est-il l'Arbre Divin ou Kaguya ?
    Les deux : le manga le présente d'abord comme l'Arbre Divin, puis révèle qu'il est aussi « Mère ». La formule prudente est « Kaguya fusionnée à l'Arbre Divin ».
  • D'où viennent les neuf bijû ?
    Du Jûbi : après en avoir scellé le chakra en lui, Hagoromo divisa ce chakra en neuf bêtes distinctes, les nomma et les dispersa avant de mourir.
  • Qu'est-ce que le Gedô Mazô ?
    L'enveloppe corporelle vidée du Jûbi — et le corps scellé de Kaguya —, que l'Akatsuki utilisa comme réceptacle pour stocker le chakra des bijû.
  • Qui a été jinchûriki du Jûbi ?
    Hagoromo le premier. Puis, pendant la Quatrième Guerre, Obito (qui le ressuscite) avant que Madara ne le lui reprenne.

En résumé

À la racine de tout — chakra, bijû, dôjutsu —, le Jûbi n'est pas un ennemi de plus : c'est la clé qui explique l'univers entier de Naruto.

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